Le Barboteur

Digital Influencer

DU STYLE

Dans 80% des soirées entre jeunes adultes on a droit, à un moment ou un autre, à la traditionnelle partie de console. Et le weekend dernier nul n’y a échappé. Au détail près qu’à la place de la Wii ou de la xbox, je me suis retrouvé nez à nez avec une bonne vieille borne d’arcade. Mais si, vous savez, celle avec laquelle on passait nos temps à jouer à Métal Slug après le bahut, à 10 francs les 3 crédits. Étrangement, cette antiquité, un peu poussiéreuse, a transformé ce que je trouve habituellement un peu niais en un moment sympa. Pourquoi je vous parle de cela ? Tout simplement parce que cette petite anecdote illustre parfaitement un phénomène phare des goûts et réactions de notre société post moderne. Honnêtement : entre le petit rectangle blanc comme neige, plat, lumineux, design de chez Nintendo et le gros mammouth poussiéreux au joystick rouge pétard qui berçait notre adolescence, lequel de ces deux objets est, intrinsèquement, le plus beau ?

La réponse ne fait aucun doute : la console récente est plus « design », tout droit sortie de l’imagination de designers payés pour l’être. Mais si on augmente d’un cran la finesse de la question… Lequel des deux est le plus stylé ?

Ha… Vous voyez, tout d’un coup, les choses deviennent un peu plus complexes que la binarité « beau = stylé » du système de pensée dans lequel la plupart des gens sont enfermés.

Par exemple, pourquoi, pour une partie des femmes, Kurt « cheveux gras vêtements troués » Cobain est plus désirable que Jude « le gendre idéal » Law ? Le mythe du bad boy ? Autre exemple : Pourquoi, au 4×4 Mercedes flambant propre et neuf certains préféreront le vieux Range Rover avec boue sur les jantes de série ? Le mythe de l’aventure peut être ?

A vrai dire, les réponses suggérées sur le ton de la plaisanterie ne sont en fait pas si éloignées de la réalité. Et cette réalité, tenez vous bien car elle défie une certaine logique de masse, c’est que le beau n’est pas, forcement, stylé. Que les aspérités, l’usure ou le négligé sont bien souvent préférés au propre, au neuf ou au précieux. Et oui, on a souvent tendance à négliger une partie importante de la valeur des choses et des objets, qui dépasse (voir surclasse), ses propriétés et valeurs purement intrinsèques : l’imaginaire qu’il véhicule. Comprenez ce à quoi il fait référence, ce qu’on voit et imagine par association d’idée, ce qu’il évoque.

Exemple très concret au sein des tendances actuelles : on a bien souvent décrié la veste en jean, souvent informe, mal coupée, affadissant une tenue avec le risque de la combinaison jeans… Mais cette pièce emblématique n’est jamais morte et est même redevenue un must have stylistique d’il y a 1 ou 2 saisons. Non pas parce qu’on aurait simplement soigné sa coupe et amélioré ses finitions… Non. Plutôt parce qu’elle rappelle une certaine image de l’homme, un peu bad boy, harley, rock, travailleur manuel etc. qui correspond à ce mouvement de réaction à l’image surannée du métrosexuel… Imaginaire on vous a dit.

Ainsi, vous l’aurez compris, en matière de style, les choses sont souvient bien plus compliquées que ce que l’on pourrait croire. Vous aurez alors justement remarqué que sur Spike Seduction, on privilégie toujours l’adjectif stylé à beau.

Stéphane

www.spikeseduction.com

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3 Discussions on
“DU STYLE”
  • Avez-vous lu Pseudo, le dernier roman d’Ella Balaert ? Je crois que c’est fait pour vous : un roman par mail, où trois femmes inventent une femme, Eva, dont chacune écrit les mails à tour de rôle. L’enjeu est de séduire un homme, Ulysse. Un jeu de masque fort périlleux, où l’ identité elle-même est remise en question. L’écriture est somptueuse, précise, presque précieuse, et si sensuelle… C’est un peu Les liaisons dangereuses, aujourd’hui.
    Je viens de le découvrir, et je le présente en ce moment sur mon site de philosophie :
    http://jeanpaulgalibert.wordpress.com/
    A bientôt, peut-être…

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