Le Barboteur

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ETRE A LA MODE OU PAS, TELLE EST LA QUESTION

Bonjour,

Si vous lisez cet article, les chances sont assez élevées que vous soyez de sexe masculin, jeune, webophile et donc au vent de tout ce qui secoue ou a pu secouer la toile au cours de ces derniers mois ou années. Bref, il est assez probable que vous ayez lu The Game, ou bien que vous en ayez entendu parler.

Que ce soit ou non le cas, rappelons brièvement de quoi il en retourne. En 2005, un petit chauve nommé non pas Kojak mais Strauss décide de changer de vie en appliquant les conseils des gurus américains de la séduction (de l’époque). Puis il en fit un roman, vécut heureux et gagna beaucoup d’argent. Vous vous demandez sans doute pourquoi je vous parle de ça. J’y viens.

Parmi les conseils et méthodes américaines des années 2000 pour plaire à qui mieux mieux, le look n’était pas oublié (je vous avais dit qu’on y venait). Pour plaire, il fallait selon Strauss et Cie s’habiller comme une star du rock, du cinéma ou du sport (fût-ce la plongée sous-marine), du moment que l’on faisait de sa nouvelle apparence hors-norme un prétexte pour se faire aborder, ou bien aborder les autres.

Cette attitude (qui d’ailleurs porte un nom, le peacocking – de peacock : paon) est emblématique d’une phase bien connue de l’évolution de quiconque s’intéresse au vêtement (je ne parle pas ici des filles, qui s’y intéressaient déjà à l’époque où nous ne savions même pas faire la différence entre notre bouche et notre anus) : l’envie de confier au vêtement un rôle socialisant. La mode devient une démonstration non de goût, mais de valeur. La connaissance des codes vestimentaires, l’affirmation d’une supériorité (d’autant plus agaçante que certains refusent de la voir). Le look, le témoignage d’un besoin d’acceptation, et donc un besoin de validation. On s’habille non plus par plaisir, mais pour l’effet produit sur les autres, dans l’espoir de rectifier tel ou tel trait de notre personnalité. C’est ainsi par exemple que le timide se met à porter du noir, la couleur du cuir, de la virilité, et des garçons de mauvaise vie. Que le maigrichon achète des bracelets de force à s’entourer autour du poignet (à quand remonte la fois où vous avez vu un type vraiment musclé porter un bracelet de force, déjà ?). Etc. etc. La liste est sans fin et chacun la complètera.

Vous l’aurez compris, cet article n’a pas pour but de vous dire quoi porter cette saison (nous faisons pourtant des relookings, mais nous privilégions toujours l’intemporalité à la tendance). Non, il est possible de s’habiller non pour plaire aux prescripteurs des marques (i.e «suivre la mode»), ni pour donner l’illusion d’être un autre (i.e le mode «correction de personnalité», ou «compensation»), mais parce qu’on a trouvé son style, qu’on s’y plait et qu’il est cohérent avec son environnement (on ne s’habille pas à Grenoble comme à Paris, ni à Paris comme à Milan).

La facette la plus séduisante de la personnalité d’un homme tient à cette aptitude à répondre «what the fuck» à la vie quand celle-ci se fait un peu trop pressante ; aptitude qui peut (et doit) influencer la façon dont vous vous habillez. Une garde robe intelligente faite de beaux basiques dans les couleurs qui vous flattent (et non, le noir ne va pas à tout le monde, surtout si vous êtes châtain à la peau pâle et aux yeux marrons, comme 80% des français), pimentée par de beaux accessoires et mélangée avec la juste dose de négligé qui ne permettra à personne de savoir si, finalement, vous vous êtes déjà demandé ce qui était à la mode, et ce qui ne l’était pas.

Stéphane
www.spikeseduction.com

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